Calculer sa trésorerie quand on est indépendant : la méthode en 5 étapes
Une méthode simple pour savoir ce qu'il vous reste vraiment, sans logiciel de comptabilité ni tableau de bord illisible. Comptez une heure la première fois, cinq minutes ensuite.
La comptabilité vous dit si vous avez gagné de l'argent. La trésorerie vous dit si vous pouvez en dépenser. Ce sont deux métiers différents, et le second est le plus urgent : on ne dépose pas le bilan pour un mauvais résultat, on le dépose parce qu'un jour il n'y a plus rien sur le compte.
Voici la méthode. Elle tient en cinq étapes, elle ne demande aucune formation comptable, et elle se refait en quelques minutes une fois posée.
1. Partir d'un point de départ vrai
Tout repose là-dessus. Notez le solde de vos comptes aujourd'hui, pas celui du dernier relevé, pas celui d'hier soir.
Deux erreurs classiques à cette étape :
- Oublier les espèces. Si vous encaissez du liquide, comptez-le, billet par
billet. Un fonds de caisse de 300 € qu'on ne recompte jamais finit toujours par ne plus faire 300 €.
- Mélanger perso et pro sans le dire. Si tout passe sur un seul compte, ce
n'est pas grave, mais il faut le savoir : le loyer de l'appartement fait alors partie de vos charges au même titre que l'assurance professionnelle.
Le total obtenu est votre solde de référence. Il contient tout ce qui est déjà réglé, et rien de ce qui reste à faire.
2. Recenser les charges fixes, avec leur date
C'est l'étape longue, et la seule qui demande vraiment de s'asseoir une heure. Ouvrez douze mois de relevés et notez tout ce qui revient.
Pour chaque charge, il vous faut trois informations, et pas une de plus :
| Information | Pourquoi elle compte |
|---|---|
| Le montant | Évident, mais prenez le montant réel, pas celui du contrat signé il y a trois ans |
| La périodicité | Mensuelle, trimestrielle, annuelle — une charge annuelle oubliée fait très mal en une fois |
| Le jour de prélèvement | C'est lui qui détermine votre point bas, pas le montant |
Les oubliés les plus fréquents : l'assurance décennale, la cotisation à un ordre professionnel, la mutuelle, les abonnements logiciels annuels, la CFE en décembre, les frais bancaires professionnels.
Une charge annuelle de 1 200 € ne coûte pas 100 € par mois. Elle coûte 1 200 € un jour précis, et ce jour-là est le seul qui compte pour votre compte en banque.
3. Séparer les rentrées certaines des rentrées probables
C'est ici que la plupart des prévisions dérapent. On additionne les devis en cours, on multiplie par un « taux de transformation », et on obtient un chiffre qui ne correspond à aucune réalité possible.
Rangez plutôt vos rentrées en trois familles :
- Encaissé. L'argent est arrivé. Il est déjà dans le solde de l'étape 1, ne
le comptez pas deux fois.
- Certain. Facture émise ou commande ferme. Le montant est connu, la date
est connue, le client s'est engagé.
- Probable. Devis envoyé, discussion avancée, mission reconduite d'habitude.
Un devis est accepté ou il ne l'est pas ; il n'existe pas de devis à 60 %.
Ne faites entrer dans votre calcul que la deuxième famille. La troisième se regarde à part, comme un scénario — utile pour décider d'un investissement, jamais pour arbitrer une dépense de cette semaine.
4. Sortir les deux chiffres
Avec les trois premières étapes, deux calculs suffisent.
Ce que vous pouvez dépenser aujourd'hui :
solde de référence − charges restantes du mois − dettes à rembourser ce mois
Ce chiffre ne compte aucune rentrée. C'est volontaire : il doit rester vrai même si personne ne vous paie.
Ce qu'il restera à la fin du mois :
chiffre précédent + rentrées certaines − charges déjà comptées comme à venir
Le premier sert à décider maintenant. Le second sert à décider pour plus tard. Les confondre est la faute la plus coûteuse en trésorerie.
5. Chercher le point bas, pas la fin du mois
Dernière étape, et la plus négligée. Alignez sur un calendrier tous les mouvements connus des trente prochains jours, dans l'ordre des dates, et recalculez le solde après chacun.
Vous obtenez une courbe. Ce qui vous intéresse n'est pas son point d'arrivée mais son point le plus bas : la date et le montant.
Si ce creux est confortable, vous pouvez engager. S'il passe sous zéro, vous avez encore le temps d'agir — relancer une facture échue, demander un acompte, décaler un achat, négocier une échéance. Toutes ces actions sont faciles trois semaines avant, et impossibles le jour même.
À quelle fréquence refaire l'exercice
- Les charges fixes : une fois par an, et à chaque nouveau contrat.
- Les rentrées : au moment où la facture part, pas à la fin du mois.
- La lecture des deux chiffres : avant chaque décision qui engage de
l'argent.
Fait à la main, ça tient dans un tableur, à condition de le tenir. C'est précisément là que la plupart des gens abandonnent : le tableur est juste le jour où on le remplit, et faux les vingt-neuf autres.
OEMA automatise les étapes 4 et 5. Vous saisissez vos charges une fois et vos rentrées au fil de l'eau ; le solde disponible, le prévisionnel et le point bas se recalculent seuls à chaque mouvement. Vous pouvez essayer la démonstration avec des données fictives avant d'entrer les vôtres.
Combien pouvez-vous dépenser aujourd’hui ?
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